FannZic - Aug 06 - by Vince
original review : http://www.fannzic.net/kroniks/?id=736

L'incontournable auteur J.R.R Tolkien aura décidément marqué de sa patte le monde de la littérature fantastique, mais également le monde de la musique en influençant de nombreuses formations. Ici encore, un groupe de black metal se sera inspiré du nom d'une bataille contée dans le Silmarillion (pour la petite histoire, Nirnaeth Arnoediad est l'assaut donné par l'alliance des elfes, humains et même des nains contre la forteresse de Morgoth - ou Melkor pour les intimes - dans le but récupérer deux caillasses qui brillent, bon, bref, passons).

Que les choses soient claires: les joyeux lurons de NIRNAETH ne font pas dans la dentelle. Déterminés à rassembler les meilleurs éléments (selon eux) de différentes scènes sous le flambeau du black metal, les membres de ce groupe français revendiquent de multiples influences: EMPEROR, MAYHEM, LORD BELIAL, mais également DEATH, MORBID ANGEL, METALLICA ou encore KING DIAMOND et SLAYER. De quoi faire fonctionner à plein régime les glandes salivaires, non ? Eh bien le résultat est plus que respectable. On ne pourra pas dire que l’originalité sera le maître-mot de ce "Thrown athwart the darkness", mais la qualité d’interprétation et la fureur constante au fil des 33 courtes minutes de cet album auront de quoi satisfaire tout amateur de black metal qui se respecte, sans omettre les quelques bonnes idées saupoudrées de ci de là sous la forme de courts passages un peu décalés, qui viennent relever la sauce sans l’alourdir.

De même, la formation volontairement épurée (guitare, basse, batterie), ne réduit ni la hargne ni la puissance du combo. Le tempo est en général rapide, voire très rapide, la production étant suffisamment claire pour que le son de batterie, dans ses moments les plus véloces, ne ressemble pas au son d’un vieux tambour de machine à laver pendant l’essorage, tout en restant suffisamment crade pour ne pas faire plastique. Le reste des instruments forme un ensemble puissant, pour un résultat au final répondant avec brio aux prétentions du groupe, à savoir une musique féroce, relativement variée et surtout efficace de bout en bout.

Les paroles, quant à elles, ne sont pas d’un réel grand intérêt à mon sens, et servent juste de support au chant de Zigouille, qui compense largement le ridicule de son nom de scène par une prestation tout simplement excellente, dans le registre feulement de chat écrasé propre au style (oui oui, c’est bien un compliment).

NIRNAETH franchit donc allègrement le cap du premier album (reprenant tout de même deux titres de la démo "Nothing but ashes" de 2004) avec un "Thrown athwart the darkness" tonitruant, très prometteur pour la suite. A savourer et surtout à suivre !

note : 7 / 10