Lords Of Winter - Jun 06 - by Deckard
original review: http://www.lordsofwinter.com/Menu.php3?action=chronique&groupe=972&album=2707

C'est de manière conquérante que Nirnaeth parcoure depuis quelques temps les divers lieux de culte souterrains de France, laissant bien souvent derrière lui des murs nappés de sang et de bière. Une réputation solide taillée à grands coups de mediators suite à la sortie d'une première démo qui malgré son délectable potentiel naissant, ne bénéficiait pas d'une production appropriée... Réputation désormais alliée à une réussite incontestable par le biais de ce premier album, profitant de l'armurerie richement fournie du Midnight Studio, d'une assise technique confortable et d'un relent de ferveur tout droit sorti du cul de Satan.

L'étiquette "Black Metal" étant ce qu'elle est, c'est à dire incontestable, ne saurait pourtant réduire le combo Lillois à cette sphère unique... A la manière d'un Tsjuder, Nirnaeth parcoure la sainte bible du métal, et y puise les éléments les plus crus, décharges Thrash Metal bien rock n'roll, assauts soutenus up-tempo, old-school dans l'âme, aussi implacable que groovy, l'on ne pourra reprocher à cette première gerboulade longue durée de se cantonner à un style en particulier. C'est ainsi que l'on se délectera d'une violente déferlante dés la première seconde de l'enregistrement...

D'une puissance hautement percussive, le black selon Nirnaeth forme un hybride de métal extrême compact aux structures finement ciselées à la hâche à deux mains. La vélocité du jeu de gratte et la souplesse des rythmiques nourrissent des accélérations bien senties et des putain de breaks destructeurs, desquels découlent bien souvent un riff de tueur qui te massera les cervicales de manière radicale. "Nirnaeth Arnoediad" la déferlante de bastonnade des enfers (dispo sur le site), "War" l'ultime et sa succession crescendo de riffs inspirés, "Et nox Facta Est" l'épique et ses relents heavy noirs comme la mort... Chaque titre apporte son lot de réjouissances, et le groupe va sans cesse de l'avant dans son mécanisme de composition, passant par absolument tous les degrés de sauvagerie. Hop! le mot est dit, "sauvagerie" et orgie de rythmes barbares, bienvenue à la foire du bouc! Mené de front par Zigouille le roquet des enfers, cet orchestre brulant nous assène de véritables hymnes dans la grande tradition "Metal from Hell", couillu comme un lion en rute, poilu comme un serial-killer portugais, puant comme la mort... l'on ressent sur la totalité de la galette une volonté imminente de nous en foutre plein la gueule. "Black Metal Wrath" et ses envolées de caisse claire, son propos presque stupide craché de manière sèche, virulente et mauvaise, tel un aboiement de chien enragé, ne manque pas de déclencher un impact nerveux certain. Les futs sont mis à rude épreuve, les guitares se renouvellent sans cesse, profitant avec un plaisir non dissimulé d'un bagage technique et d'une culture Métal bien fournie, talonnée de près par un jeu de basse habile et souple, qui aurait mérité selon moi d'un traitement sonore moins poli. Mine de rien, ce simple trio d'instrumentistes nous délivre une musique d'une densité conséquente, sachant doser finesse des arrangements et destruction massive... "Nothing but Ashes" en étant un exemple de premier choix, ce titre issu de la première démo a sérieusement pris du poil, et c'est tout simplement jouissif. L'on pardonnera volontiers les infimes fautes de goût inhérentes à une subjectivité certaine, le riff redondant du titre "Ténèbres" m'agaçant quelque peu, et un "Vampire Hunters" qui bien que réjouissant, ne sert absolument à rien.

La lassitude quant à elle est bannie, profitant de l'énergie constante d'un album de durée relativement courte et d'une inspiration constamment recyclée. Du sacré bon boulot donc, à découvrir en concert également, et qui je l'espère gagnera la reconnaissance qu'il mérite... quand on voit le nombre de combos insipides signés sur des labels reconnus, moi ça me met les couilles dans un presse-agrumes de voir de telles petites bombes faire l'effet d'un pétard mouillé dans la presse et sur les listes de distribution (quoique...).

Une production Underground fortement recommandé pour tous les adorateurs du Metal selon Satan, c'est à dire sévèrement burné!!!! Yark!

Note générale : 7,5 / 10